Orchestre de Chambre de Toulouse - Site Officiel

  •  

    W.A.Mozart


7 mai 2011 > De 20h30 à 21h30 > BARRAN - Eglise

W.A. Mozart :
Symphonies N°40 et Linz (version pour cordes de J.B. Cimador)

Bien sûr, il y a l’enfant pro­dige qui com­pose dès l’âge de 4 ans et qui achève sa 1ère sym­pho­nie avant son 8ème anni­ver­saire tout comme il y a l’incroya­ble vir­tuose et l’impro­vi­sa­teur de génie. Ce petit garçon que son père Léopold exhibe dans toutes les cours d’Europe, c’est Wolfgang, le petit musi­cien qui ne sup­porte pas le son de la trom­pette ! Est-ce pour lui que Léopold com­po­sera sa « Symphonie des jouets » ?
Mais il y a sur­tout le créa­teur rebelle, celui qui est selon le mot de Joseph Haydn « le plus grand des com­po­si­teurs que le monde connaisse ».
Et celui-là est déjà emporté par le « Sturm und Drang » qui, en Allemagne, pré­fi­gure le roman­tisme. La musi­que de Mozart est sou­vent empreinte de rage et de tris­tesse, et ses sym­pho­nies n°36 « Linz » et n° 40 si admi­ra­ble­ment trans­cri­tes par Cimador dès le 18ème siècle, sont révé­la­tri­ces des tour­ments du com­po­si­teur qui n’est plus (l’a-t-il jamais été ?) l’enfant sage que son père fai­sait admi­rer par la noblesse de tous les pays.

Mozart est un incroya­ble mélo­diste, mais son plus grand talent, c’est d’habiller ses pas­sions incan­des­cen­tes de la plus par­faite rigueur clas­si­que. Perfection de la forme et den­sité du contenu, il habille ses sen­ti­ments de ce que la pudeur clas­si­que lui recom­mande, pour mieux les révé­ler aux esprits curieux qui auront l’audace de « l’enten­dre » et de se lais­ser bou­le­ver­ser par le tor­rent d’énergie qui inonde sa musi­que.
Il faut bien s’en convain­cre, Wolfgang Amadeus Mozart n’est pas le com­po­si­teur galant et tou­jours aima­ble qu’on ima­gine : « Il y a telle petite phrase de Mozart que je n’aime­rais pas ren­contrer la nuit au fond d’un bois » écrira le com­po­si­teur Reynaldo Hahn (1874-1947).
Dès lors pour l’inter­prète se pose la ques­tion de savoir à quel Mozart il a à faire. Est-ce le musi­cien de salon, élégant et raf­finé, ou l’être tour­menté obsédé par l’idée de la Mort ?

JB Cimador (1761-1805) est un com­po­si­teur né à Venise qui se fixa à Londres en 1791. Devant le refus de l’orches­tre de Hay-Market d’exé­cu­ter les sym­pho­nies de Mozart à cause de leur dif­fi­culté, il arran­gea 6 d’entre elles pour orches­tre à cordes. La pra­ti­que de la trans­crip­tion est cou­rante à l’époque et nul ne s’en offus­que : elle est l’unique moyen de faire cir­cu­ler rapi­de­ment les idées nou­vel­les !
Si un siècle plus tôt on écrit fré­quem­ment pour des « voix de dessus » et d’autres « de des­sous », lais­sant l’ins­tru­men­ta­tion se déci­der en fonc­tion des effec­tifs dis­po­ni­bles, la trans­crip­tion se répand au 18ème, jus­te­ment parce qu’on fixe l’ins­tru­men­ta­tion dès la com­po­si­tion.
Pour jouer dans les salons de la bonne société des œuvres néces­si­tant un orches­tre impor­tant, il faut pou­voir les exé­cu­ter en for­ma­tion réduite, et donc les trans­crire. Le tra­vail accom­pli par Cimador est remar­qua­ble : toute la pensée de Mozart est là, en seu­le­ment 6 voix !


A L'AFFICHE
L'ACTUALITÉ

Précédent

L'AGENDA DES CONCERTS




Conception, réalisation
kayaweb.fr